Location de résistivimètre : mesure de résistivité du béton
La résistivité électrique du béton renseigne sur sa capacité à laisser circuler les ions — donc sur la facilité avec laquelle la corrosion peut se développer une fois les armatures dépassivées. C'est une mesure rapide, entièrement non destructive, qui complète naturellement le potentiel de corrosion : celui-ci localise les zones actives, la résistivité renseigne sur la cinétique. MDS propose à la location le Resipod, résistivimètre de surface à quatre sondes.
Matériels disponibles à la location
Le principe : la sonde Wenner à quatre pointes
La mesure repose sur un dispositif à quatre électrodes alignées, dit sonde Wenner. Un courant est injecté par les deux sondes externes ; la différence de potentiel qui en résulte est mesurée entre les deux sondes internes. Le courant n'est pas transporté par le béton lui-même mais par les ions présents dans la solution interstitielle des porosités.
ρ = 2πaV / I [kΩ·cm]
où a est l'espacement des sondes. La valeur calculée dépend donc directement de cet espacement : deux appareils réglés différemment ne donnent pas le même résultat sur le même béton. C'est le premier point à vérifier avant de comparer des mesures.
Interpréter : probabilité de corrosion
Des campagnes empiriques ont établi des valeurs repères, pour un ciment Portland ordinaire à 20 °C. Une résistivité faible signale un béton où les ions circulent aisément, donc un risque accru.
| Résistivité mesurée | Probabilité de corrosion |
|---|---|
| ≥ 100 kΩ·cm | Risque négligeable |
| 50 à 100 kΩ·cm | Risque faible |
| 10 à 50 kΩ·cm | Risque modéré |
| ≤ 10 kΩ·cm | Risque élevé |
Attention au contresens : un béton sec ou carbonaté présente une résistivité élevée, donc un risque apparemment faible — alors que la carbonatation est elle-même un facteur de dégradation. La résistivité ne se lit jamais seule.
Interpréter : vitesse de corrosion
Une seconde grille de lecture, citée pour de l'acier déjà dépassivé (Langford et Broomfield, 1987), estime cette fois la cinétique :
| Résistivité | Taux de corrosion |
|---|---|
| > 20 kΩ·cm | Faible |
| 10 à 20 kΩ·cm | Faible à modéré |
| 5 à 10 kΩ·cm | Élevé |
| < 5 kΩ·cm | Très élevé |
Les trois facteurs qui faussent une mesure
Ce sont les pièges classiques, et ils expliquent la plupart des résultats incohérents.
Les armatures. L'acier court-circuite le courant et fausse la lecture, d'autant plus que l'enrobage est faible — l'effet devient significatif sous 30 mm. Il faut donc repérer le ferraillage au pachomètre avant de mesurer, éviter de placer la sonde parallèlement aux barres, et privilégier une mesure en diagonale par rapport au quadrillage.
La température. La résistivité diminue quand la température augmente : environ 3 % par degré sur béton saturé, 5 % par degré sur béton plus sec. Les valeurs de référence étant données à 20 °C, la température doit être relevée et consignée avec chaque mesure.
L'humidité. Plus le béton est humide, plus la résistivité est faible. Un béton totalement sec rend la mesure impossible : sans solution interstitielle, aucun ion ne circule. Il faut alors humidifier la surface, et tremper les contacts avant chaque point.
Bonnes pratiques de mesure
- Surface propre, sans revêtement électriquement isolant
- Repérer le ferraillage au préalable au pachomètre
- Tremper les contacts dans l'eau avant chaque mesure : la qualité du contact est le premier facteur de fiabilité
- La RILEM TC154-EMC recommande 5 mesures au même point et d'en retenir la médiane
- Relever et consigner la température du béton
Normes et méthodes complémentaires
La mesure est encadrée par AASHTO T358, ASTM C1876, CSA A23.2-19 et EN 12390-19 (2021). La recommandation technique RILEM TC-154 fait référence pour l'interprétation.
Sur un diagnostic de corrosion, la résistivité se couple au potentiel de corrosion, qui localise les zones actives, et à la mesure d'enrobage au pachomètre ou au radar de structures — les zones de faible enrobage coïncidant souvent avec les zones à risque.